Mes vertiges peuvent-ils vraiment être traités par la physiothérapie ?
C’est la question la plus fréquente au centre, en particulier lorsque les symptômes durent depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois. La rééducation vestibulaire n’est pas un traitement de confort : c’est une prise en charge validée, qui agit par trois leviers différents selon ce que le bilan révèle.
Les manœuvres de repositionnement. Lorsqu’il s’agit d’un VPPB, des manœuvres ciblées (Epley, Semont, barbecue… selon le canal atteint) permettent de ramener les otoconies là où elles ne provoquent plus de vertige. L’effet peut être rapide, à condition que le diagnostic identifie correctement l’oreille et le canal concernés.
La compensation vestibulaire. Quand une oreille interne fonctionne moins bien, le cerveau peut apprendre à se fier davantage à l’autre oreille, à la vision et aux informations qui remontent des pieds et de la nuque. Ce réapprentissage ne se fait pas spontanément : il se stimule par des exercices progressifs et répétés — stabilisation du regard, marche avec mouvements de tête, situations d’équilibre de plus en plus exigeantes.
L’habituation. Dans les instabilités chroniques et les hypersensibilités au mouvement, l’exposition graduée aux situations qui déclenchent les symptômes réduit progressivement la réaction, comme on désensibilise une alarme trop sensible.
Un point important : l’ancienneté des symptômes n’est pas un obstacle. Il n’est pas rare de recevoir au centre des patients qui vivent avec une instabilité depuis un an ou plus, et chez qui la rééducation reste utile. En revanche, tous les vertiges ne relèvent pas de la physiothérapie — c’est le rôle du bilan de le déterminer honnêtement, dès la première séance.
